lundi 23 janvier 2017

Petit citron pressé

Joyeux anniversaire, mes vœux les plus sincères ♫


Aujourd'hui, t'as 18 ans. Aujourd'hui t'as 18 ans et j'ai bien envie de faire un peu comme si on était avant ; et te parler de cœur à cœur, d'esprit à esprit, de personne en personne. Je te dirais bien "les yeux dans les yeux" mais ça fait quatre ans qu'on essaie et pour l'instant, cette phrase, elle peut juste rester à tourner en boucle dans ma tête sans avoir le droit d'en sortir. Tant pis, elle attendra son tour, les 19 peut-être ? Les 19 ans, c'est sûr, j'y mettrais ma main à couper. On sera grand, on sera vieux, plus vieux, je pourrais bouger. Ça fait bientôt 5 ans, 5 ans que je te connais, t'y crois toi ?! A chaque jour qui passe j'ai l'impression de voir s'éloigner un peu plus l'ombre de Peter pan, et puis je te parle. Et là je me rend compte que mon Peter Pan c'est toi. T'es tellement une personne singulière, t'es tellement marquant ! T'es peut-être plus écris sur mes gommes, t'es peut-être plus dans mes cahiers, mais tu restes toujours griffonné dans mes mots quelques parts, dans la touche d'excentricité si particulière que tu m'as un peu partagé.
Je sais qu'en ce moment ton cœur est pris, je sais qu'en ce moment ton cœur est agité. Je vois dans tes sourires tellement de larmes oubliées et ça me rend triste des fois, parce que t'es le soleil à toi tout seul et ça rend toujours triste quand les nuages le cachent pour pleurer leurs larmes acides. J'aime pas quand il pleut, j'ai pas une assez grosse coquille pour me traîner par terre avec les autres escargots. Mais le soleil reste le soleil et t'as toujours le même éclat et même si t'es parfois un peu trop loin je pense à toi et je serais toujours là derrière toi pour m'agiter avec des petits pompons et crier ton nom et des encouragements dans les tribunes spectatrices de ton histoire. Parce que t'es toujours pas, et tu le seras jamais, un personnage secondaire ; et qu'un jour on écrira un livre. 

Je te souhaite un immense et beau joyeux anniversaire, félicitations tu rentre dans le camp des vieux ! T'as plus qu'à passer ton permis et venir me voir ! 

Joyeux anniversaire Armel, je te dédie une étoile.

samedi 31 décembre 2016

Excuse-moi


Excuse-moi pour tout, sans exception. Excuse-moi de pas être à la hauteur, de pas te mériter. Si tu savais comme je m'en veux, de ne pas être digne de toi, de tes attentes. J'aimerais tellement que mes efforts suffisent, que rien ne soit plus fort que ce que je veux te montrer. Excuse-moi d'avoir échoué, d'avoir failli à ma tâche. Je fais pourtant de mon mieux. Excuse-moi de te blesser, je suis pourtant si minuscule, une fourmi, à peine. Je ne devrais peut-être que peser seulement quelques millièmes de grammes dans la balance de ta vie ? Excuse-moi de toutes les fois où je t'ai blessé, de toutes celles qui arrivent. Je te jure, je fais pourtant si attention pour te protéger ! Ce n'est pas suffisant, ça ne le sera jamais. Je n'y arriverai pas et ça me fait peur. Excuse-moi d'avoir peur. 
Excuse-moi, pour tout.

Je suis tellement désolée. 

vendredi 9 décembre 2016

Jugement


Jugé. Sans arrêt. Jugé. Par le policier du coin, par ton boulanger, par tes professeurs, et même pas le facteur. Jugé, sans contexte, sans rapport, sans prise en compte de ta situation. Secoué, retourné, mis à sac comme si tu n'étais rien d'autre qu'un simple objet d'étude. Un rat de laboratoire. Jugé pour tes actes, jugé pour tes paroles. Jugé pour ta manière d'être, pour ton style et ta façon de te tenir. Jugé, sans arrêt, sans répit. Jugé pour un oui, pour un non. Jugé sans même avoir eu la chance de t'expliquer, sans armes pour te défendre, rien que tes larmes amères et salées pour te consoler et t'accompagner dans tes nuits tristes et solitaires. Jugé, jugé, jugé. Jugé pour tes sentiments, jugé pour tes sourires, jugé pour tes pleurs et jugé pour ta colère. Jugé pour tes disputes, jugé pour tes fous rires, jugé jusqu'à ta manière d'aimer. Jugé, jugé, jugé. 

Encaisser. Encaisser jusqu'au point d'exploser. Serrer les poings, fermer les yeux. 
Éviter de donner du matériel aux vautours.

mardi 1 novembre 2016

Je suis un clown triste


Partout des visages pâles, des sourires tristes, des cernes, des bâillements. Sans arrêt des baisses de motivation, des coups de blues, des gestes de colère et d'énervement. Des cries, des pleurs : cachés. Des larmes, des coupures : camouflés. Des trop plein d'émotions sans cesse refoulés. Des rejets, des hurlements comme réponses.

- Ça va ?

Une mine inquiète, un sourire rassurant l'espace d'un instant. De toute manière la personne en face ne peut qu'aller bien, parce que dans ce monde personne n'a le droit d'être triste, personne n'a le droit de lâcher l'affaire. Parce qu'on est arrivé à un stade où se mutiler est moins remarqué que la prise de poids, où se suicider est considéré comme de la lâcheté plutôt que le rejet d'une trop grande cruauté pour une trop belle âme.

- Je suis fatigué.

Et le visage repart de là où il était venu et tu peux te renfermer dans ta tristesse tranquillement, sans personne pour te déranger, songer à tes idées noires et sombrer un peu plus dedans sous les yeux de tous mais pourtant de manière totalement invisible. Tous les soirs, tu pleures, tu cries, tu frappes ton oreiller, tu te mords et te roule en boule. Toutes les nuits tu songes à ta journée passée les yeux fixés sur le plafond à chercher un sommeil réparateur qui n'arrivera jamais. Caché, enfin, tu laisse sortir le flot d'eau continu qui cherchait depuis le jour à sortir de tes yeux. Pourtant, t'es pas mieux ensuite, non. T'en ressors juste tout tremblotant, cherchant de l'affection que tu ne trouveras pas. Mais pleurer ça fatigue alors au moins tes yeux se ferment et tu t'endors. Et quand tu te réveille c'est reparti pour un tour, pour une nouvelle journée. Mais souris, merde, sois fort !

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Ici, on a pas le droit d'être triste, non. Parce que pleurer est un signe de faiblesse, parce que pleurer c'est avouer que ça va tellement pas que tu ne contrôle plus quand ça sort. Parce qu'être triste, c'est ne pas réussir à contrôler sa vie, à gérer ses émotions, c'est ne pas réussir à avancer. Parce que pleurer sous la pression, sous le stress, sous la colère, sous la honte ou sous la peur, c'est pleurer pour rien. Parce que pleurer s'est accepté à condition d'être à un enterrement. Mais t'sais t'as le droit de pleurer, t'as le droit d'avoir peur. T'as le droit de stresser, d'être en manque ou de plus réussir à avancer. T'en as parfaitement le droit et c'est totalement con qu'on te le retire.

Ici, on a pas le droit d'être triste, mais on fait rien pour aider ceux qui le sont. Ici, quand quelqu'un se mutile, c'est de sa faute. Quand quelqu'un devient boulimique, anorexique, c'est de sa faute. Quand quelqu'un se suicide, c'est de sa faute. Ici, quand quelqu'un est triste personne ne vient l'aider, et quand il cherche à en parler personne ne veut l'écouter. Pourtant, après, tout le monde est assez hypocrites pour dire avec un visage d'ange "Mais enfin, il fallait venir en parler, on l'aurait aidé nous !". Mais ferme ta gueule la société, ferme-la putain ! 

dimanche 4 septembre 2016

L'Inconnu

Au loin, il se profile


Arrive un temps où tout change, où ce que tu croyais acquis disparaît et où tu te retrouve à marcher seul dans un tas d'ombre. Au fond, tout au fond, tu aperçois pourtant un rayon de lumière qui te permet de ne pas trébucher trop souvent et de continuer à avancer. C'est l'Inconnu qui te fait signe. Sa tenue sombre et sa capuche qui lui tombe sur la tête font que tu le redoute, que tu le fuis. Tu as peur et tu veux revenir en arrière, repartir dans ce passé si lumineux. Pourtant, le temps te pousse en avant et tu finis par le rejoindre. Alors, de sous son camouflage apparaît un sourire éclatant. Émane de lui une chaleur réconfortante, une lueur douce et agréable qui ne brûle pas, ne fait pas mal et ne laisse aucune trace. Envoûté, tu tends la main, essaye de le saisir. Joueur, il recule alors de quelques pas seulement, t'incite à le rejoindre avec une mine coquine. Tel un papillon prit au piège dans l'éclat d'une lampe, tu le suis. Tu n'as plus aucune crainte, tu es trop obsédé par l'idée de le poursuivre pour prendre le temps de t'inquiéter. L'Inconnu est devenu Connu. Tu l'aime et tu le chéris de tout ton être, de tout ton cœur. Tu as enfin réussi à l'attraper. Tu le serre dans tes bras, t'emplis de ce qu'il dégage. Et, une fois que tu es enfin ressourcé, il disparaît dans un millier de fragments étincelants qui éclairent quelques instants la nuit naissante avant de s'évanouir, remplacé par un tas d'ombres où tu te retrouve seul. 
Au fond, tout au fond, tu aperçois pourtant un rayon de lumière...

samedi 16 juillet 2016

Solidaires

OK apparemment le bail des gens c'est de se tirer dessus, de se déchirer à coups de fusil, de couteau et de camions dans des foules innocentes. Apparemment pour se dédouaner le prétexte idéal serait encore et toujours la religion. Des religions pour lesquelles y a eu des centaines et des centaines de morts depuis des siècles parce qu'après avoir trouvé une excuse, on n'est plus vraiment coupables pas vrai ? D'accord des fous y en a partout mais merde ! Des mômes, des gosses, des petits bous de choux ! Des adolescents, des parents, des retraités... Tout le monde y passe et y a pas de mots pour exprimer à quel point c'est dégueulasse. Bientôt ça sera quoi ? On pourra plus sortir acheter son pain à la boulangerie du coin sans avoir peur d'être descendu sur le chemin ?
Aujourd'hui les ventres sont serrées par la douleur, comprimés par la peur. Les gorges sont serrés, les cœurs battent plus vite et les larmes coulent. Depuis quand sortir le soir est devenu si dangereux ? Depuis quand on ne peut plus aller se balader sans être sur le qui-vive, sans avoir l'impression de marcher sur un terrain miné qui va nous exploser à la gueule au moindre faux pas ? Depuis quand l'expression se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment est devenue une vérité générale utilisable tous les mois pour une catastrophe de plus ? 

Depuis quand le monde est si con ? 
Continuer à croire, continuer à rêver. On reste forts ensemble.

Parce que les autres sont des alliés, pas des ennemis,
Même si ils aimeraient qu'on le croit.


Aimons-nous, après tout, tous unis dans la même merde ♥

mercredi 13 juillet 2016

Inachevé


"Si c'était si facile tout le monde le ferait
Qui te serais pour réussir là où les autres ont échoué"

Marre du passé qui te colle aux basques, de ses gens sans intérêt qui peuvent pas s'empêcher de piétiner ta vie pour se sentir exister, de ses critiques balancées sans réfléchir juste parce que c'est tellement une habitude que s'est devenu impossible de s'en débarrasser. Marre de ses regards jugeurs, haineux, de ses accusations sans fondements et de ses rejets blessants. Marre de voir des gens être bousillés tous les jours à cause de petits cons égocentriques, de putes aux envies d’ascension et de crédules prêt à les suivre jusqu'au bout du monde parce que c'est tellement plus facile d'obéir que de réfléchir.  Envie de me révolter face à ce monde à la recherche de perfection, de cette population de bigleux pas capable de reconnaître les gens à leur juste valeur et les choisissant grâce à leur tour de taille plutôt qu'à la taille de leur générosité.

"Oublie tes rêves prétentieux, redescend sur Terre
Ou tu n'en reviendras jamais"

Facile de parler, facile de se croire meilleur mais vos actes démontrent que vous êtes pas mieux que les autres, que vous avez pas plus de valeur que ceux que vous critiquez. C'est pas parce que t'es un petit gros boutonneux que t'as pas de cœur, c'est pas parce que t'es un grand aux faux airs de brute que t'as pas besoin d'amour. Tout le monde mérite votre respect, tout le monde mérite quelques mots doux qui éveilleraient leur journée. Tout le monde mérite de l'attention, d'être pris sous l'aile de quelqu'un d'attentionné, de bon, qui leur permettrait de grandir, de mûrir, de s'épanouir. Laissez les connards dans leur coin, évitez les injures, vomissez sur leurs grands airs indignés. Vous venger ne les rendra pas meilleurs, restez intègres. Un jour, peut-être, ils comprendront. Ils comprendront que vous tromper c'était pas la bonne option, que balancer votre amitié par la fenêtre pour imiter la pétasse de la classe d'à côté c'était faire preuve de stupidité, que de suivre Hitler en se trouvant un bouc émissaire sur qui tout foutre sur le dos ça fonctionne pas longtemps. 

"Ouais on est tes potes, mais bon tu changes de cap
Tu nous mets sur la touche maintenant que tous ces gens te flattent"

Mais en attendant bouge, te laisse pas démonter. Prouve-leur que t'as plus de valeur qu'eux tous réunis, que t'as plus de cœur encore que la mère au coin de la rue en train de lire une comptine à ses sept enfants. Montre-leur ta rage de vivre, ton envie d'exister. Trop maigre, trop gros ? Mais aux yeux de qui ? Te prive pas de ton goût pour la nourriture pour ressembler à ces gens sur les magazines, garde tes jolies formes, ta capacité à être unique. Te prive pas de ta vision optimiste des choses à cause de toute cette rancœur qui suinte des mots vicieux que les gens assènent à ton passage. Mal dans ta peau ? Sors, va courir à en perdre la tête, à en expulser toute ta rage, toute ta colère, tous les doutes qu'ils t'ont foutu dans la tête. T'es parfait comme t'es, avec tes défauts et tes qualités. 
Je t'aime.

+ https://www.youtube.com/watch?v=KIwHrPHS-4k