mardi 19 avril 2016

Ça fait bizarre


Ne regarde jamais trop loin dans ton passé
Car tu risquerais d'y voir des choses..

.. Qui n'aurais jamais dues en ressortir


Ça fait bizarre quand tu regarde en arrière, rien que de quelques semaines voir de quelques mois tout au plus, et que tu vois que plus de la moitié des gens qui peuplaient ta vie ont disparu de ton univers. De voir que la plupart de tes habitudes se sont désagrégées dans la fuite du temps et qu'il n'en reste plus qu'un petit tas de cendre, quelque part enfoui dans tes souvenirs. De te remémorer ces chers et tendres paroles dénuées de sens à présent "T'inquiète, je te laisserai jamais tomber" ou encore "Les amis qui se perdent de vue en grandissant ? Encore une autre histoire inventée pour faire peur.. Comme si ça pouvait nous arriver". Pourtant, qu'est-ce qui est le pire ? Se remémorer des beaux moments passés en les regrettant dans un élan de nostalgie, ne jamais les avoir vécu, ou les voir salis par les gestes et les paroles effectués par les "anciens" aujourd'hui ?

Pourtant, ne regrettes jamais ces moments passés, ces personnes rencontrées, ces souvenirs à jamais gravés dans ta mémoire. Il arrive qu'on se rende compte qu'on s'était trompé sur quelqu'un, ou encore qu'un autre change tellement qu'il en devient un inconnu à nos yeux. Mais ce qui compte, c'est pas qu'un jour, tu ne supporte plus x ou y ou que lui-même ne te supporte plus. Ce qui compte c'est pas ce qu'il fait pour te détruire mais ce qu'il a fait pour te rendre plus fort, pour te rendre meilleur. Chaque personne laisse sa marque dans ta vie et tes amis, anciens comme nouveaux, plus que quiconque. Ne laisse jamais quelqu'un salir ta mémoire, cracher sur des éclats de rire. Ne laisse pas les mots apportés par le vent ternir des promesses d'amitié sincères lancées quelque temps auparavant. Car tu as peut-être eu tord d'y croire mais sur le moment elles étaient réelles. Les personnes changent en grandissant, en bien, en mal, mais alors que leur présent leur appartient, leur passé a déjà coulé dans la rivière de l'oubli et quoiqu'ils puissent en dire, quoiqu'ils puissent essayer de faire pour le modifier, il restera inchangé. 

Alors ne te laisse pas déstabiliser et marche serein vers ton avenir, soutenu par ton passé.

jeudi 31 mars 2016

Quelqu'un

Crush par ci, crush par là


- Eh toi là. Oui oui toi. Tu veux pas me rendre mon cœur dis ? Non parce que j'en ai besoin pour vivre un peu tu sais.. Non ? Bon, OK..

T'es tranquille, t'es heureux tout seul avec tes potes, tu souris à la vie, au bonheur, sans jamais te prendre la tête, sans jamais te demander si t'en fais pas trop parce que t'es justement entouré des meilleurs, ceux qui t'acceptent comme tu es et qui sont toujours là pour toi, que tu sois grognon, hyperactif ou juste endormi. Et puis t'as cette personne qui arrive soudain, avec ses yeux, avec cette tête, avec ce sourire si spécial ; et qui te balance un bon gros coup de pied dans l'équilibre fragile que t'avais réussi à instaurer chez toi. 
Boum, assassinat à coup de fossettes. 

Et alors évidemment, après, faut recoller les morceaux. Chose qui s’avérerait facile si Monsieur n'était pas toujours là dans ta tête à dominer ton esprit d'un petit sourire narquois, comme pour te dire "Et oui, c'est pas si facile de m'oublier, moi, madame". Et puis, quitte à te battre contre des fantômes, tu finis par te dire que ça serait peut-être mieux si tu focalisais tes efforts à essayer de te rapprocher de cette personne. Mais toute la problématique réside dans le stratagème tordu de ne pas être repéré. Agir, oui, mais avec subtilité. Parce que ce que tu veux, au final, c'est que ce soit Lui qui vienne te parler. Qu'Il te remarque et qu'Il fasse le premier pas. Rien que si il te demandait l'heure ça t'irait. 
Mais au final, ça ne serait pas plus simple si tout le monde était plus direct ? 

Remarque, est-ce qu'on ne perdrait pas du charme, si on arrêtait tout ce petit manège ?

dimanche 6 mars 2016

Bouge, attend pas que le temps passe

Cours loin devant


Je sais que parfois c'est dur de se dire allez j'avance quand même, malgré les critiques, malgré les reproches, malgré les cris, la colère, la haine, les pleurs, la tristesse, le manque, l'incompréhension, les moqueries et tout le reste. Je sais que parfois on a juste une envie : se rouler en boule dans un coin et rester là des années entières à attendre que le temps passe, à attendre qu'une nouvelle chance nous tombe sur la tête. Je sais aussi que parfois, on se demande pourquoi on subit telle ou telle chose sans avoir rien fait pour mériter un tel châtiment et qu'après, on veut juste se tirer les cheveux, se mordre les poings de rage ou encore frapper dans un oreiller jusqu'à ce que le sommeil vienne.

Pourtant, malgré toutes ces épreuves, malgré tous ses coups durs et ces moments de doutes où tu penses que le mauvais temps ne passera jamais, que la terre entière est contre toi et que c'est impossible que tu puisses repartir dans ce monde là avec une vie aussi joyeuse qu'avant, tu dois avancer. Tu dois relever la tête, sourire, croire en toi et en tes capacités et savoir que si les autres l'ont fait, alors tu le peux aussi. Que tout ce que tu veux réussir tu pourras le réussir parce que tu en as les capacités. Que même lorsque tu ne le vois pas, des anges gardiens veillent sur toi. Que tu as des amis, une famille, ou encore un chien, un chat, un oiseau, une tortue ou que sais-je encore qui t'aimes pour ta juste valeur. Et surtout, surtout, que si tu cours assez vite au-devant tu bonheur, le malheur n'arrivera jamais à tenir le rythme.

Parce que la vie, ce n'est pas attendre que l'orage passe mais apprendre à danser sous la pluie. 

jeudi 3 mars 2016

Tallulah

Tallu.. Quoi ?



<< https://www.youtube.com/watch?v=6QXTV_jPSl4 >>

C'est un soir comme il y en a parfois. Tu te sens seul, t'es sous ta couette roulé en boule à fixer un écran de téléphone qui s'allumera pas. Tu te demande pourquoi tout est silencieux d'un coup. Puis tu commences à penser que c'est pas la première fois, que c'est pas la première nuit ; et que ça sera pas la dernière non plus. Y a comme du vide qui s'empare de toi, qui s'engouffre dans ton cœur et alors t'as froid. Vraiment froid. T'es sous tes draps, mais même avec la couverture que tu viens de rajouter tu grelottes. C'est que y a un espèce de brouillard glacé qui vient de s'installer bien confortablement au creux de ton ventre. Tu soupires, parce que c'est pas la première fois, parce que c'est pas la dernière fois, parce que t'as l'habitude mais que t'aimerais bien que ça soit pas le cas. 

Mais c'est pas le pire, et tu sais que c'est pas le pire. Tu connais la suite, le reste de la chanson. C'est comme la petite musique triste que l'on passe dans les moments nostalgiques d'un film : on sait tous qu'elle va arriver à ce moment-là pour rajouter encore une couche de sentiments. Seulement, ta vie, c'est pas un film ; et toi tu te passerais bien de cette petite mélodie pernicieuse qui tourne en boucle dans ta tête depuis des semaines. Chaque soirée c'est la même rengaine, y a du silence, l'attente, puis sa venue. A croire que le jour, quand t'es occupé, elle est juste sur pause ; et qu'à partir du moment où tu fais plus rien y a un bouton qui actionne son réveil. 

Tu te demandes ce que ça ferait si elle était plus là. Et puis tu en viens même à penser qu'au fond y a qu'elle qui reste avec toi alors pourquoi t'essaierai de la chasser ? C'est à ce moment là que les larmes commencent à couler. T'en veux pas, de cette eau sur ton visage. Qu'est-ce qu'il va penser ton oreiller, à être mouillé une fois de plus ? T'essaies d'en rire mais c'est juste un espèce de couinement de souris écrasée qui sort de ta gorge nouée. Alors, seulement, tu commences à te balancer en te berçant doucement, te répétant que ça va aller, que t'es pas seul. Mais t'arrive tellement plus à mentir que t'y crois pas. Et puis, c'est tellement froid dans ta poitrine. Alors que toi,
Tu voudrais juste avoir chaud cette nuit. 



C'est là qu'entre en jeu Tallulah. Tallulah c'est quoi ? C'est le sms du proche qui vient allumer ton visage d'une teinte bleuâtre horrible. Celui-là même qui te fait ressembler à un spectre. Et pourtant, qu'est-ce que tu l'aime ce petit message d'espoir. Tu le chéris avant même de l'ouvrir. Que ce soit Jeanne, Bertrand ou Éric qui te parles tu t'en contrefiches en vérité ; parce que c'est juste la lumière dont t'avais besoin pour te guider jusqu'au bout du chemin. T'en pleurerais presque de joie, si tes yeux n'étaient pas déjà bouffis d'avoir versé autant de larmes. Parce que Tallulah, c'est une main tendue. 
Tallulah, c'est le pote que tu pensais avoir perdu. Tallulah c'est l'amour que tu cherches depuis que la nuit est tombée, c'est la pépite d'or qui te rend riche, c'est une partie de toi. Tallulah c'est tes proches, c'est ceux que t'aimes, ceux qui font en sorte que ton monde soit plus beau. 

Tallulah, c'est celui qui te permet de passer une nuit tranquille. Tu sais bien que demain ça sera pareil, que t'auras encore peur de te coucher pour voir ressurgir les démons de la nuit. Mais pour une fois tu vas pouvoir dormir ; et tout ça grâce à une personne qui se rend même pas compte de ce qu'elle fait. Certainement que tu diras n'importe quoi, qu'elle saura jamais dans quel état t'es et que t'appréhendes le soir qui tombe comme si c'était ton enterrement. Mais ça fait tellement de bien de parler. Parce que t'es plus seul pour un instant, parce que les mots comblent le silence et éteignent la musique. Parce que ça t'a calmé juste assez pour que tu puisses te coucher et fermer tes yeux. 
Parce que ça y est, t'es endormi.

+ https://www.youtube.com/watch?v=4ttfDUPGM0g

jeudi 4 février 2016

Une revenante

C'est con, d'abandonner ce qu'on chérit


Sa tête ressortant à peine derrière le canapé rouge vieillot de la salle à manger, le fantôme Gaspard s'agrippa et se tira vers le haut, ses deux petites mains fermement accrochées à la mousse usée qui tentait de fuir sa housse. Timide, il guettait la fillette blonde qui passait et repassait dans un sens puis dans l'autre en courant. Après tout, pourquoi elle ne pourrait pas être son amie, elle ? Est-ce qu'elle n'était pas parfaite, ses milliers de tâches de rousseur habillant son visage coquin, ses fins cheveux blonds attachés en deux nattes bien serrés et sa longue couverture qu'elle secouait en riant et en hurlant "Bouuuh ! Bouuuh ! Je vais te manger !" ? Malheureusement, Gaspard était beaucoup trop froussard pour oser prendre la parole tout haut. Ainsi, maintenant perché sur l'accoudoir, il fixait toujours les allers-retours de la blondinette avec des yeux gourmands, aussi muet qu'un objet inanimé. Pourtant, le hasard étant bien fait, l'enfant finie par trébucher sur un bord du tapis. Basculant dans le vide, attirée au sol par la gravité terrestre, ses yeux s'ouvrirent grand de stupeur et d'horreur mélangées tandis que sur son visage se peignait une grimace d'effroi. Alors, le petit fantôme qui, depuis le début, attendait patiemment la venue du courage, se jeta en avant et la rattrapa au vol pour la poser délicatement sur le carrelage du salon.
- Tout va bien, tu ne t'ais pas fais mal ? Demanda-t-il de sa voix fluette alors que cheveux d'or se remettait avec peine de ses émotions.
Celle-ci, bouche bée, le scrutait l'air de dire "Mais.. C'est un fantôme !". Pourtant, elle représentait apparemment l'exact opposé de Gaspard car, loin d'avoir peur, une vague d'excitation monta en elle et se nicha dans la moindre particule de son corps. Se levant d'un bond elle se précipita ainsi dans les bras de Gaspard et, le serrant fort contre ses vêtements, elle s'écria :
- Merci de m'avoir empêché de tomber, t'es le meilleur ! 
C'est ainsi que naquit la première histoire d'amitié entre un fantôme et une enfant. 

mardi 27 octobre 2015

Le fou au regard sombre


L'homme attendait, adossé au mur. La tête baissée, un chapeau haut de forme posé sur ses cheveux hirsutes, son aura dégageait une impression de volonté froide et implacable qui suscitait dès le premier coup d’œil un malaise viscérale chez les passants. Enveloppé dans un long manteau noir qui cachait sa silhouette frêle, il ne laissait apparaître que sa main rugueuse parcourue de grosses veines d'un violet fané reposant sur une canne en bois à tête de serpent en guise de pommeau. Soudain, des pas légers sur le pavé humide attirèrent son attention et il releva la tête dans une lenteur exécrable pourtant bien calculée. Un rictus inquiétant se dessina sur son visage livide lorsqu'il vit l'origine de ces bruits. Sa figure émaciée maintenant à découvert rendait visible les deux puits sans fond qui lui servaient d'yeux et dans lesquels on apercevait une lueur sournoise, de la méchanceté à état pur. Aussi, l'enfant, en entrant dans cet univers malsain, s'arrêta, prit de peur. Le vieillard aux muscles noueux, lui, se décolla de son appui pour s'approcher dans un silence de mort. Le petit se rappela alors de la réputation de l'inconnu en frémissant. Partout, on disait qu'il était sombre, imprévisible, fou. On racontait que son esprit vicieux cherchait par tous les moyens à répandre la souffrance, que ce n'était qu'alors qu'il était satisfait de sa journée. Horrifié par ses souvenirs, le marmot n'y tint plus et s'enfuit à toutes jambes, laissant cette vision cauchemardesque derrière lui.

vendredi 9 octobre 2015

Conscience


Sauterelle ?! Moi ?! Espèce de petit mufle ! Vous feriez mieux 
d'écouter votre propre sauterelle...enfin je veux dire votre 
conscience, si vous en avez une !
Jiminy Criquet

Il paraît que lorsqu'on se parle à soit même, on est fou. Alors si j'entends une petite voix résonner dans ma tête, doit-on m'enfermer ? 

Parfois, je m'engage dans une sorte de dialogue interne très agité. C'est à dire que j'ai plusieurs voix qui braillent, s'embrouillent, crient les unes par dessus les autres pour se faire entendre, avec chacune leurs propres idées bien distinctes; et celle du lot qui sera la bonne. Vu que j'ai 15 ans d'expérience dans le domaine, je pense pouvoir dire que je n'arrive même pas à être d'accord avec moi-même, alors comment voulez-vous que je sois d'accord avec les autres ? 

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"Il était une fois une petite fille nommée Automne. Un jour, décidée à faire comme sa mère lorsqu'elle s'occupait d'elle, la jolie brunette partit chercher une baignoire pour poupons dans le grenier et la ramena dans sa chambre, toute fébrile à l'idée de pouvoir enfin décrasser ses peluches. Pleine de bonnes intentions, elle s'en alla ensuite remplir le joli récipient bleu transparent d'eau du lavabo, peinant à atteindre le robinet, penchée au-dessus de la surface d'un blanc nacré en équilibre précaire sur la pointe de ses petits pieds potelés. Puis, décidant pour le bien de sa mission que prendre le savon pour les mains en même temps et le plonger directement sous le liquide n'était pas un problème, l'enfant créa un mini cratère en enfonçant ses doigts dodus en même temps que le rectangle à l'odeur de vanille. Ensuite, ayant ramené le tout sur sa moquette, elle partit chercher une de ses peluches les plus chères, partant du principe que comme c'était elle qu'elle aimait le plus, il fallait le lui montrer d'une certaine manière. Pourtant, alors qu'elle brandissait son lapin au-dessus de la bassine, le retenant par l'oreille droite, une minuscule voix, toute aiguë, lui vrilla les tympans :
- Non, ne fais pas ça ! Ce n'est pas bien !
Affolée, la fillette recula et, dans la panique, failli tomber tête la première dans l'eau.
- Qu.. Qui es-tu ?
Essayant tant bien que mal de maîtriser sa peur, Automne attendait une réponse en s'accrochant à sa peluche comme si, perdue en pleine mer, celle-ci était sa bouée de sauvetage.
- Je suis Conscience. Ta conscience.
Mais la réponse tant attendue et pourtant si redoutée fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase et, hurlant de peur, l'enfant se rua dans les escaliers pour s'accrocher à la jambe de sa mère, en pleurs.
- Et bien, ça ne va pas ? Lui demanda celle-ci en lui caressant les cheveux, rassurante.
- "Ta conscience" m'a parlé.. geignit la petite brune, encore toute secouée, avant de fourrer l'oreille de son doudou dans sa bouche et de la mordiller, jugeant apparemment cette solution plus efficace que maman."