samedi 7 février 2015

Besoin de chocolat

Chocolat chaud


Il y a des jours comme ceux-là où quand tu te réveilles, tu n'as qu'une envie, refermer les yeux aussitôt pour ne les rouvrir qu'une éternité plus tard. Des matinées où non, tu n'as pas faim, mais faut manger alors tu prends quelque chose histoire de faire passer ça pour un petit-déjeuner en règle; avant d'alterner chambre et salle de bain pour partir travailler. Des heures où les minutes ne veulent pas passer, elles s'accrochent à tes paupières, coriaces, les font se fermer perfidement pour que ton professeur te réveille de sa voix tonnante d'adulte en colère en t'ordonnant de te mettre au travail.
Des jours comme ceux-là où dès que l'on te dit quelque chose tu bondis tel un lion affamé sur une pauvre gazelle sans défense, où tes sourires laissent place aux larmes et où tes pensées se bousculent sans vouloir s'arrêter pour former la ronde infinie qui use tes nerfs mieux que quiconque. 

C'est vrai, il y a des jours comme ceux-là, où pour te soulager ta seule et unique solution et de passer tes mains gelées sur tes mirettes fatiguées en espérant que ça va passer et que personne ne va t'adresser la parole. Enfin, pas exactement.. Disons que dans ces moments là, les gens peuvent se diviser en trois grandes parties : ceux qui te changent les esprits, ceux qui t'énervent et ceux qui arrivent à faire l'un puis l'autre. 

Ceux qui te changent les esprits, c'est ceux avec qui tu vas pouvoir esquisser des sourires voir même rire à en perdre haleine parce que c'est impossible de rester sérieux avec eux. Rien que de les voir approcher, tu sais qu'ils vont te sortir quelque chose de stupide mais qui fait du bien, parce que ce qu'il te faut ce n'est pas une philosophie à deux balles mais seulement une concoction de blagues même pas drôles à partager avec des gens que tu aimes aussi pour ça.
Ceux qui t'énervent ne font pas spécialement de choses, seulement que lorsque tu es à fleur de peau mieux vaut ne pas t'approcher de trop près. Alors les petites remarques piquantes deviennent des armes de guerre, les écrasements involontaires se transforment en affront à ne pas laisser passer et leurs excuses tombent dans l'oreille d'un sourd.
Et puis ceux qui alternent c'est ceux qui te côtoient trop pour être hors de danger de tes petits éclats de voix passagers mais qui veulent quand même te changer les idées sans savoir vraiment comment s'y prendre alors c'est pile ou face et que le meilleur gagne.

Et puis il y a les solutions miracles. 
Ceux à qui te parlent tout le temps, qui vont ni te faire rire, ni t'énerver, mais qui vont savoir quoi dire au bon moment, qui vont savoir calmer le jeu et apaiser les nœuds de ton propre cerveau, qui vont savoir décrypter ton émotion rien qu'à la tête que tu fais et aux soupirs que tu pousses. Les merveilleuses âmes qui vous conseillent tout en restant discret et que bien loin d'être dans l'ombre de votre vie sont presque une partie intégrante de vous-même.

+ Merci, je saurais pas comment vivre sans vous ♥

jeudi 15 janvier 2015

Brevet blanc 1

Sujet d'imagination : racontez un souvenir nocturne effrayant
Vous ferez environs 50 lignes


    Je me rappelle d'un soir troublant qui, bien que déjà loin derrière moi, continu à me marquer, revenant me hanter quelques fois lorsque je laisse mon esprit vagabonder... Je devais avoir six ans, ni plus ni moins, l'âge divin où l'imagination travaille main dans la main avec la réalité. Comme toutes les nuits, ma mère m'avait conté une histoire pour m'endormir, emplissant ma tête de millions de personnages, bons ou mauvais, humains ou non.

    Seulement voilà, cette fois-ci je me réveillai en pleine nuit, troublée par un cauchemar anodin maintenant mais qui m'avait terrifié à l'époque. J'avais sûrement gesticulé dans tous les sens, provoquant mon réveil; je ne sais plus. 

    Ouvrant grand mes petites mirettes, je m'étais assise bien droite dans le lit pour observer la chambre qui, dès lors que la lumière l'avait quittée, avait cessé d'être l'endroit doux et accueillant que je connaissais si bien pour devenir le repaire à monstres le plus horrible de l'univers. Je croyais entendre les bruits de mastication d'un ogre dévorant un enfant imprudent ou les hurlements du loup criant à la lune qu'il allait la manger. D'ailleurs où était la lune ? Pourquoi avait-elle disparu ? J'ignorais que certains jours sa jolie face n'apparaissait pas dans le ciel nocturne. Quand je fermais les yeux, d'autres sons naissaient de l'obscurité : les hurlements de Crochet qui voulait capturer Aladin ou même les ricanements sardoniques de la Fée Clochette qui avait attrapé Cendrillon pour la tuer en espérant pouvoir prendre sa place ensuite. C'était une joyeuse cacophonie qu'avait provoqué le mélange d'histoires que j'avais fait. Pourtant, lorsque je rouvrais mes paupières, presque tous les murmures cessaient, semblant me narguer en riant. Plusieurs fois je tentais de m'éveiller en me pinçant, croyant encore que je rêvais. Mais le hurlement sauvage ne voulait partir et les grognements non plus car, et je ne le réalise que maintenant, ceux-ci étaient provoqués par le grincement du plancher en bois et le vent qui passait à travers les feuilles, dehors. Comprenant que rien ne fonctionnait, j'avais hésité à appeler ma mère. Pourtant, mon orgueil me bloquait. Après tout, j'étais grande maintenant. Grande et forte. La capacité d'un enfant à se convaincre lui-même de ces immenses capacités est formidable et lui permet de se faire faire des choses qu'il n'aurait jamais cru être capable de faire; et j'en possède la preuve.

    Après être restée debout une éternité, enfin ce qui m'avait paru durer une éternité mais qui n'avait peut-être été qu'une vingtaine de minutes en réalité, je décidai que trop, c'était trop. Du haut de mes trois pommes j'allais montrer à ces abominables créatures que je pouvais aussi être très effrayante : j'allais allumer la lumière. Descendant sur la pointe des pieds du lit, de peur qu'un crocodile me croque les orteils, je m'élançai et appuyai sur l'interrupteur. Pour retrouver ma chambre pareil que d'habitude. Interloquée, je finis par aller me recoucher au bout de quelques minutes, laissant la douce lumière me protéger tandis que je replongeai tranquillement dans le monde des songes. 

vendredi 9 janvier 2015

Quelques phrases qui réchauffent le coeur

Je suis pas bien grande, de mon mètre soixante même pas, mais pourtant j'ai l'impression d'être un concentré de sentiments. Une personne haute comme trois pommes de couleurs, d'émotions et de pensées qui tourbillonnent et se projettent les unes contre les autres dans une explosion de chansons et de souvenirs qui font que je suis comme je suis et pas comme tu es.


"T'es quelqu'un de bien tu sais"

Ah non, je savais pas. A vrai dire, je pensais juste faire mon rôle d'ami en te consolant, en te rassurant, en t'encourageant et en te remotivant. Après tout, qui laisserait tomber dans le trou celui qui se raccroche à son pied ? La vérité, c'est que je ne me force pas pour faire toutes ces choses, parce qu'elles me paressent normal, mais si tu juges qu'elles me définissent je ne dirais pas no parce que c'est peut-être un peu vrai, une personne est ce qu'elle fait, en simplifié.

"You are my treasure"

Cette chanson restera sûrement gravée à jamais comme étant ma chanson, étant ta chanson, étant notre chanson. If I am your treasure, you are perfect just the way you are. Deux musiques du même auteur, une pour toi, une pour moi. Je la partage avec deux petits personnages de papier qui ont maintenant une fille. Ils se font vieux les pauvres, ils sortent plus beaucoup et c'est bien dommage. Mais t'inquiète pas, la potion magique va bientôt être découverte, je vais leur rendre toutes leurs couleurs d'antan voir même plus et alors le ciel reprendra une couleur chocolat citronné. 

"J'ai vraiment de la chance de t'avoir"

Peut-être, mais pas autant que moi. Je ne rigole pas, ta paranoïa n'y changera rien, tu es ma pomme de terre sourire à moi. Peu importe ce qui se passera dans notre vie et même ailleurs, tu resteras la même dans mon esprit, peu importe ce que me diront les autres, je n'arrêterais pas de te voir, et contrairement à ce qu'on pourrait penser, non l'âge ne fait rien dans une amitié, la maturité ne se décide pas dans ton année de naissance mais avec les expériences que tu vis.

+ Aujourd'hui, dans les journaux, à la radio, à la télévision, on pouvait observer plein de gens, la tête baisse, affligés, dégoûtés, par cet espèce d'attentat à la liberté. La liberté qu'on a tous mérité, même ceux qui ne l'ont pas encore, et qui n'est pas prête de nous échapper de sitôt. Pourtant, même si c'est vraiment grave ce qui s'est passé, des gens arrivent encore à protester, parce que tu trouveras toujours dans ta belle vie des personnes qui veulent sortir de l'ordinaire sans se rendre compte du propos qu'elles racontent à tord et à travers pour se rendre originale. Personnellement, je trouve leur attitude tellement détestable que les mots sont faibles pour exprimer mon ressenti. Alors voilà, ce que je voulais dire c'est que si on était arrêté, tué, dès qu'un dessin, un écrit ou même un regard, déplaisait, on ne serait plus beaucoup. Mais qu'au lieu de se terrer comme des rats dans notre petite maison en regardant les autres de travers, imaginant secrètement que ce sont des terroristes endiablés, on devrait plutôt se serrer les coudes, se sourire et traverser l'épreuve tous ensemble, en rayonnant comme des diamants qu'on viendrait de polir et non pas d'enterrer sous une épaisse couche de terre meuble. 

Et garder espoir, l'humanité n'est pas si pourrie que ce que l'ont voudrait nous faire croire. ♪

jeudi 25 décembre 2014

Noël avec un grand "N'

Le Père Noël et les sept lutins


C'est la belle nuit de Noël

Résonnant dans la rue sombre, des bruits de pas viennent écorcher le silence qui s'est installé sur la ville depuis quelques heures. Pourtant, amortis par une belle couche de neige, ils ne troublent guère que le sommeil du chat du quartier, qui, la patte levée, s'apprête à entamer sa dixième toilette de la journée.

La neige étend son manteau blanc

Dans chaque maison les lumières s'éteignent, les unes après les autres, telles des petites lucioles disparaissant à l'approche de prédateurs. Des flocons tombent du ciel dans une lente danse aussi jolie que gelée, le froid forme une couche de glace sur les fenêtres closes et devant les portes d'entrées.

Et les yeux levés vers le ciel

La vie s'échappe par bouffées de chaleur de la cheminée, les parents montent les escaliers grinçants de leurs chez-eux douillets pour coucher les petits bouts de chou qui animent leurs journées et les remplissent de bonheur quoi qu'il advienne, rien qu'avec un mot déplacé que nul n'aurait pu dire sauf eux.

A genoux les petits enfants

Ils leur racontent une dernière histoire, espérant que le calme viendra s'abattre sur leurs vies quelques heures, le temps de reprendre des forces, de recharger leurs batteries, pour pouvoir sourire encore et toujours.

"Il était une fois un pays merveilleux. Là-bas, le froid était omniprésent
et du ciel tombait de la neige sans s'arrêter, recouvrant tout d'une
blancheur éclatante. Aucun bâtiment à l'horizon, rien qu'une forêt de
sapins et d'autres arbres hivernaux, dans laquelle vivait de milliers de
petites bêtes telles des daims, des rennes ou des cerfs. Seul une
petite chaumière osait pointer le bout de son nez. De sa minuscule
cheminée sortait une douce fumée qui montrait qu'à l'intérieur ça
fonctionnait à plein régime. "Eh, Père Noël, la voiture du petit 
Nathan, la poupée de la jolie Sahara, je les mets où ?'
entendait-on résonner parfois si on écoutait bien. "Et bien, 
dans mon traineau, quelle question !"  était la réponse que
le lutin, quel qu'il soit, recevait inlassablement jusqu'au grand
départ, le 24 au soir, lorsque tout le monde dormait enfin".

Avant de fermer les paupières
Font une dernière prière

Il était temps que tout le monde ferme les yeus car déjà les clochettes du traineau du père Noël retentisse dans l'air joyeux. Les enfants de tout âge se sont agenouillés quelques minutes auparavant, repassant mentalement tout ce qu'ils avaient demandé cette année, avant de s'enfouir sous les couettes en espérant avoir été assez sage pour les recevoir. Le lendemain matin, ils se précipiteront en riant vers la montagne de cadeaux qui les attendra aux pieds du sapin, ayant remplacé les carottes pour ses rennes et les chocolats pour lui-même que toute la maisonnette avait prit soin de disposer dans leurs chaussons.
Comme chaque année.

samedi 20 décembre 2014

Une étoile pas comme les autres

Prends le comme il est : la vérité


"T'écris sur tous, sur toi, sur les autres, sur la vie, mais jamais sur moi"

Bon... D'abord, ce n'est pas vrai. Parce qu'heureusement que tout n'est pas réel, que tout n'est jamais aussi simple que une personne, une relation, un texte. Ce serait triste sinon, non ? Évidemment, mes écrits m'appartiennent. Bien sur, j'y mets toujours un bout de moi, ne serait-ce que parce que je pars du principe que toute chose que fait quelqu'un t'aide à le cerner un tout petit peu. Enfin, j'ai la terrible habitude de parler beaucoup pour ne rien dire, ce qui fait que depuis le début je n'ai toujours pas entamé le sujet qui m'intéressait, c'est à dire : Toi. Avec un "T" majuscule pour le clin d’œil cours de français, comprendra qui pourra. Non je rigole, je vous explique : ma professeur de français, une vieille folle tyrannique au caractère abominable que j'adore, nous rabâche aux oreilles l'importance de la typographie d'un texte. Alors la prochaine fois, pensez-y dans votre expression écrite ! Enfin, revenons aux choses sérieuses.

"Ah si, une fois, tu as parlé de moi. Et pour dire quoi..."

D'accord, d'accord, j'ai compris. Tu veux une place particulière ici, comme tu l'occupes dans ma vie ? Et bien, tu as gagné, tu vas l'avoir. Pas que je cède à des caprices de gamine, juste que tu le mérites, que j'en ai envie et que de tout façon pourquoi je me justifie puisque c'est le seul endroit où je peux écrire ce que je veux, comme je veux, sans qu'on me dicte quoi faire ?

- "Allez, enjoy !"
- "Mais t'es sérieuse à parler anglais ?"
- "Apparemment"

Je pourrais dire que tu es trop susceptible mais en vérité, tu le sais déjà. Je pourrais émettre l'idée que tu es jalouse mais de tout façon tu le prendrais mal, en plus tu voudrais des preuves et je n'en ai pas. Je pourrais lancer comme un boulet de canon le fait que tu es enflammée mais je voulais faire une liste de défauts et ça ne rentre déjà plus en compte... Du coup, tant pis, je vais continuer sur ma lancée, on verra bien où ça nous mènera, pas vrai ? Le premier mot qui me vient à l'esprit, là, tout de suite, pour te décrire, c'est : "caractérielle". Parce que du caractère, tu en as, et pas qu'un peu ! Toujours à balancer ce que tu penses à n'importe qui, même quand ce n'est pas bien vu, même quand il ne faudrait pas, juste comme ça, parce que tu en as envie. Parce que puisque tu vis, autant être vivante à fond, pas vrai ? Gueularde, on peut affirmer haut et fort que tu n'as pas ta langue dans ta poche. Tant mieux, enfin une personne sincère dans ce vilain monde plein d'hypocrites. ou pas mais osef je dis ce que je veux. Et puis... Et puis sensible aussi, même si on dirait que tu as honte de tes sentiments puisque tu te caches pour les exprimer. Je me demande même si tu ne pousses pas des accès de colère dans l'espoir vain que l'on ne remarque pas tes blessures intérieures. Tu tiens aux gens aussi, ça oui. Avoues que tu ne veux pas les laisser partir, même quand ils ne comptent pas prendre leurs jambes à leurs cous pour fuir. Pour finir, je dirais juste : "humaine". Parce qu'on a tous nos qualités magnifiques et nos défauts bidons qui nous rendent aussi uniques que détestables, aussi magiques qu'admirables.

+ Alors oui, cet article est un peu plus familier que les autres, j'avais envie de tester autre chose, je ne suis pas particulièrement convaincue du résultat d'ailleurs mais maintenant que c'est fait autant vous le donner quand même et puis voilà. ♫
++ Je suis preneuse de tout conseil évidemment. ♥

jeudi 18 décembre 2014

Perdue dans la foule

Du monde. Beaucoup de monde


<<https://www.youtube.com/watch?v=ZySIBsc6eTg>>

Des visages, partout autour de moi. Souriant ou moqueurs, rieurs, voir figés dans un rictus méchant. 
Je marche, paniquée, en cherche un que je pourrais reconnaitre. Pourquoi personne n'est-il ici ? La foule se resserre, bouge, tourbillonne autour de moi, pauvre petite cerise complètement paumée, et je sens ma respiration s’accélérer tandis que mon cœur part dans une galopade folle. La peau moite, les paumes collantes, je finis par appeler :
- Eh ? Il y a quelqu'un ?
Mais je ne reçois aucune réponse.
Les yeux me piquent, mes joues rosissent, virent au rouge pivoine. J'ai chaud. J'ai froid. J'ai peur et je frissonne, perdue dans un monde trop grand pour moi. Et puis soudain le cri sort de ma gorge sans que je ne l'ai senti partir, vibrant violemment en remontant dans ma gorge, avant de partir tel un orage qui éclate.
- Eh ! Vous êtes où ?!!
 Partant en courant, je bouscule sans m'excuser, trébuche et repars, tête baissée, fonçant dans le tas. La marée humaine semble s'être fait passer le mot pour ne pas me laisser passer et les larmes commencent à couler silencieusement, m'empêchant de voir alors que je m'enfonce un peu plus dans mon délire paranoïaque, égarant même mon sang-froid dans ma recherche désespérée qui semble vouée à l'échec. Soudain, une main saisit la mienne. Stoppée instantanément dans ma folie, je ne me préoccupes pas des autres lorsque je m'arrête net comme un automate dont on aurait trouvé le bouton pause. Et, sans même regarder en arrière, je m'accroche à ce petit bout d'homme comme à une bouée de sauvetage, comme si ma vie en dépendait, comme si ma raison s'échapperait si je le laissais partir. Sanglotant, je ne bouge plus, ou presque pas, tandis que mes épaules se secouent au rythme rapide de mes sanglots. L'autre, prenant peut-être ça pour une invitation, se rapproche, m'enserre de ses bras, soufflant dans mes cheveux un air tiède tout en me berçant légèrement. M'enserrant dans une boule protectrice à l'odeur si particulière. L'inconnu s'est démasqué dès que sa peau a touchée la mienne. Pourtant, des certitudes, je n'en ai aucune. Si ce n'était pas celui qu'il paraissait être ? Et si je rêvais ? Si ce n'était rien qu'un songe trompeur, encore ? Mais, me laissant aller à son étreinte douce comme un soir d'été, j'inspire et expire en tentant vainement de me calmer, sans avoir l'idée de me pincer pour vérifier la réalité des choses ou de le remercier, ou même de me retourner pour lui adresser un sourire bancal aux accents de sincérité.
Les secondes passent, nos âmes entrelacées, nos doigts joints gênent les passants, mais aucun de nous deux ne bouge. Et, lentement, ma respiration s'apaise.
- Je suis là, ok ?
Sa voix, rassurante, vient chatouiller mes oreilles et je prie.

Et si seulement c'était vrai, pour une fois ?

jeudi 4 décembre 2014

Jardin secret

On a tous un banc, un arbre ou une rue


<< https://www.youtube.com/watch?v=3ksDzlmoU8E >>

Les yeux dans le vague, tu observes un point fixe sans y penser. Ton esprit s'est ancré dans une autre dimension, celle qui t'appartient mais que lui seul peut atteindre, malgré tous tes efforts pour la partager avec les autres. Dans tes prunelles grises on peut apercevoir le reflet d'un petit jardin envahi d'herbes sauvages. Au fond, un banc, entouré d'arbres et d'un magnifique rosier qui escalade allègrement le mur de pierre fermant la propriété. Agenouillée par terre, devant un trou creusé de tout évidence à la main, il y a toi. Et une boite, abimée par le temps et pourtant si jolie, un peu grise, enfantine, la serrure en forme de cœur. Tu l'observes. On peut sentir la tension de ton corps en voyant tes épaules tendus, ton cou raidit par la concentration, tes mains légèrement tremblotantes quand elles s'avancent pour ouvrir le coffre avec une petite clé à la forme étrange, toute mignonne, toute petite, toute jolie. Et puis, soudain, brusquement, le coffret s'ouvre dans une explosion de plumes, quelques colombes s'envolent, tu les suis du regard, la bouche grande ouverte, les joues légèrement rosées, émerveillée. Enfin, des tas d'objets apparaissent. Quelques grigris, un ou deux sticks à lèvres, des bijoux, plein de lettres, des vieux carnets déchirés, bourrés à craquer, dont la couverture a un peu dépeint, aux couleurs d'un passé révolu. Tu te mords les joues, avance le bras, attrape délicatement la première enveloppe du tas, l'ouvres et vois une fillette tirant sur un paquet de bonbons, rigolant en dévoilant ses petites dents blanches tandis qu'un jeune garçon le tient avec trois doigts en se moquant gentiment, clamant sa force de géant ou plutôt, prouvant ce que le corps fin comme tout de la fille criait déjà. Un sourire se peint sur tes lèvres pendant qu'aussi prudemment que l'aurait fait un vendeur de poupées en porcelaine tu refermes le papier, le serres quelques instants contre toi et le reposes avant de fermer le trou, y plaçant à nouveau la malle avec des gestes religieux. Et puis tu te lèves, marches jusqu'à la porte, l’entrebâille, t'y glisses et la repousses comme si de rien n'était, dans un léger grincement si familier à tes oreilles. La nuit semble se faire dans cette petite zone aux allures irréelles.
Clignant des paupières, tu es revenue parmi nous.

+ J'ai écris mon texte avec cette chanson donc elle l'accompagne bien, les paroles n'ont par ailleurs aucun rapport avec ledit écrit, ne cherchez pas.